La montagne, à cor mais sans cri

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Moment privilégié à La Combe Grasse (Jura vaudois)

Pas la moindre parcelle de neige. Mais un soleil radieux aux ombres longues qui cousent leur ourlet de nuit sur les coteaux du Jura vaudois. En ce premier jour de l’an 2017, la marche est un plaisir printanier, portée par le silence. Silence ? Pas tout à fait. Un son se faufile entre fayards et sapins. Un son profond, souterrain. Un son qui vous remue l’enfance et vous travaille les tripes. Un son d’ancêtre. Un son qui vous rappelle l’Eternité. Un son qui vous dit qu’il n’y a rien d’important là en bas, dans la plaine recouverte de stratus.Un son suivi d’autres qui s’ébrouent entre les taupinières. Au fur et à mesure de la marche, de vieux airs oubliés surgissent comme des amis délaissés, soufflés par deux cors des Alpes. Mais où sont-ils, ces cors ? A chercher à cor mais sans cri. Ne pas troubler l’harmonie des ondes. Pourtant, les échos jouent à cache-cache avec nos tympans. Ici? non là. Mais non, pas là, ici… La musique tirée du fin fond des âges envahit la montagne mais se refuse à la vision.

Et puis, voilà, à la Combe Grasse, au-dessus de La Givrine, les deux instruments  apparaissent en chair et en corne. Un couple de musiciens répète face à la combe. Comment trouver meilleure chambre d’écho ? Un marcheur, puis deux, trois, quatre, cinq, six viennent d’un peu partout attirés comme les enfants de Hamelin par le joueur de flûte.
Le Plouc vous fait partager ce moment privilégié, né des amours éternelles de la montagne et du hasard. Merci aux deux coristes, Mägi qui vient d’Arzier et Philippe, d’Annecy. L’une est une Alémanique qui vit en pays vaudois ; l’autre un Savoyard. L’écho du cor des Alpes n’a que faire des frontières.
Jean-Noël Cuénod

5 réflexions au sujet de « La montagne, à cor mais sans cri »

  1. MERCI à Mägi et à Philippe, qui nous annoncent une Année harmonieuse, solide sans oublier les souvenirs…….
    Comme je les connais, il nous feront découvrir de nouvelles mélodies, pleines de surprises, mais sans bouleverser ce qui fait le fondement solide de notre société, nos valeurs et nos accords !
    Merci Jean-Noël Cuénod de nous faire partager ce moment magique.
    Henri Delafontaine

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