DonaldTrump: voilà comment il me pourrit la tête!

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©DonkeyHotey via Wikimedia Commons

Sa voix nasillarde, geignarde, vulgaire, grasse de menaçantes vantardises s’insinue dans mes oreilles façon serpent-minute pour m’envenimer la cervelle. Partout, elle rampe. Impossible d’y échapper. Impossible aussi d’éviter son image de clown sinistre gonflé comme un MacDo dégoutant de graisses tièdes. Voilà comment Donald Trump me pourrit la tête. Comment vais-je m’en sortir?

J’en viens même à rêver de cette outre pleine de vents méphitiques, à entendre dans mon sommeil ses éructations sulfureuses, à voir en songe son mufle orange et grimaçant. C’est grave, Docteur? Oui, c’est grave.

Premier recours: la raison. Se dire qu’une telle réaction de ma part est aussi déraisonnable que les vociférations infantiles du président étatsunien. Ne pas mettre ses oreilles à ce niveau si bas. On pourrait marcher sur elles… Ça fait mal! Et puis il n’y a pas que la masturbation qui rend sourd…

Se dire qu’après tout, Trump n’est rien d’autre qu’un avatar de ce capitalisme financier qui est parvenu à élever la prédation et la corruption à un point d’incandescence jusqu’alors inégalé. Une sorte de monstrueuse marionnette agitée par les nouveaux capi des techno-mafias qui dégainent leurs algorithmes à la vitesse de l’éclair. Et en faisant chaque fois mouche.

Les voilà, nos vrais ennemis, ceux qui nous rendent cons comme des dindes célébrant Noël!

Se dire enfin, qu’il est possible d’observer ce phénomène sous un angle métaphysique. Voir en cet Agent Orange, l’aveugle ministre des desseins de la Providence annonçant la venue d’une ère nouvelle dont nous commençons à subir les premières convulsions. Cela ne le rend pas plus sympathique pour autant.

Elon Musk, deuxième tête à claques?

Elon Musk, ce néonazi fier de l’être, pourrait agir comme deuxième tête à claques, ce qui relativiserait un peu l’omniprésence de la défigure(1) trumpienne. Tous les psys vous le dirons, l’obsession mentale ne se fixe que sur un seul objet, jamais sur plusieurs. D’autant plus que les merdiques cratopathes(2) ne manquent pas à l’appel de nos écœurements.

Hélas, malgré leurs efforts, Trump parvient toujours à les surpasser. Sa force, il la puise dans sa redoutable et insurpassable bêtise. Il vous lâche à chaque minute une de ces incongruités tellement énorme qu’elle en vient à occuper tout l’espace.

La dernière en date: je suis enfin parvenu à fixer ma pensée vers de plus hautes et fraiches cimes. Et voilà, qu’un message qui passait par là sur des ondes voisines annonce que Donald Trump veut refaire une coupe du monde de foot aux Etats-Unis, là, maintenant, tout de suite!

Avec l’énergie du désespoir, mon esprit s’est s’accroché à tous les rochers, tous les arbustes à sa portée, il a quand même chu dans la plaine magmatique.

La raison est de bien peu de poids face au char d’assaut de l’imbécilité.

Second recours: la morale. Un haut-le-cœur me saisit: si Donald Trump venait à mourir, mes yeux resteraient d’une sécheresse saharienne. Et même, je crains sortir de chez moi pour fêter ça dans la plus malsaine des joies. Oh que c’est vil de se réjouir ainsi de la mort d’un être humain!

Je le sais bien, je m’en repends, je bats ma coulpe. Mais j’ai beau frapper ma poitrine, elle rend un son creux. Ma contrition est comme coincée au fond de mes entrailles.

Après moult efforts, la morale reprend ses droits. Mais elle s’efface aussitôt lorsque, dans son allocution télévisée le mois dernier, Trump déclare que les prochaines élections de mi-mandats seront truquées, du moins si elles ne lui donnent pas la victoire. Il annonce ainsi les magouilles qu’il est en train d’ourdir pour détruire la démocratie aux Etats-Unis.

Vance en Ubu light

La seule pensée un peu efficace pour atténuer mes vilains sentiments n’appartient pas, hélas, au registre de la morale: si Trump disparait, il sera aussitôt remplacé par le vice-président J. D. Vance – ce crapaud de bénitier qui a humilié le courageux président ukrainien Zelensky. Le même cratopathe que Trump, en moins grotesque. Une sorte d’Ubu light tout aussi toxique.
Pendant ce temps, tapis dans l’ombre géante de la Bêtise, les techno-capitalistes tissent leur toile d’algorithmes pour fasciner-fasciser les esprits et vider la démocratie de toute substance.

Troisième recours: l’hygiène mentale. Se désintoxiquer de Trump devient une ardente nécessité. Concevoir puis appliquer une hygiène mentale de façon à ne plus réagir aux trumperies, ne plus leur accorder la moindre importance, ni même s’en amuser. Mais les voir pour ce qu’elles sont, à savoir d’efficaces écrans de fumée tendus par les techno-mafieux qui veulent faire voler en éclats l’état de droit, cet empêcheur de prédater en rond.

Je contracte donc aujourd’hui le serment solennel de ne plus évoquer les fulminations de Donald J. Trump, de ne plus rien dire de ce qu’il dit mais seulement de ce qu’il fait.

Serment d’ivrogne? Je ferai tout pour rester sobre!

1 Il y a bien des figures, pourquoi n’y aurait-il pas des défigures?

2 Cratos=pouvoir; pathos=douleur, maladie.

Jean-Noël Cuénod

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