
Donald Trump a lui-même diffusé cette image sur son site officiel le présentant en Jésus-Christ. Une sorte de pied-de-nez au pape Léon XIV dont « il n’est pas fan ».
Dingo Donald est-il un malade mental ou un prédateur rationnel? Les deux peuvent fort bien cohabiter sous la moumoute jaune orangé. La guerre contre l’Iran menée par la Maison-Blanche façon Rantanplan et les délirantes déclarations trumpiennes poussent de nombreuses personnalités étatsuniennes à réclamer l’application du 25ème amendement. De quoi s’agit-il?
Les doutes sur l’état mental du forcené de Mar-a-Lago ne sont pas nés d’hier. Ils étaient déjà apparus à maintes reprises lors de son premier mandat présidentiel (2017-2021). Cité par la Revue Médicale Suisse, numéro de janvier 2018, un professeur de médecine de Harvard avait lancé ce touite : « Trouble de personnalité narcissique. Non seulement Trump en souffre, mais il en est la définition même »
Sa conduite erratique de la guerre contre l’Iran et ses plus récentes divagations médiatiques ont multiplié les marques d’inquiétude de la part d’un nombre croissant de personnalités étatsuniennes.
A bras raccourcis contre le pape
Dingo Donald a fait fort ces derniers jours. Ses attaques grossières et répétées contre le pape Léon XIV ont soulevé l’indignation dans son propre camp, même si la grenouille de bénitier JD Vance, le vice-président, s’est cru autoriser à donner une leçon de théologie catholique au pape, ce qui est pour le moins audacieux de la part d’un converti de fraîche date!
Le pic du blasphème a été atteint par Trump lorsque, sur son propre site, il a diffusé une image de lui-même en Jésus Christ soignant un malade. Certes, il a fini par la retirer de son site après l’avalanche de protestations déclenchée par les chrétiens de toutes confessions. Mais le mal est fait. Et visiblement Trump est ravi de l’effet viral qu’il a provoqué.
Auparavant, Dingo Donald avait publiquement menacé l’Iran en ces termes: « Toute une civilisation mourra cette nuit, pour ne jamais renaître ». Passons sur d’autres feux de bouche qui ont confirmé le haut degré d’incandescence atteint par son cratère cérébral.
Vers une destitution médicale?
L’ancien directeur de la CIA John Brennan – en conflit ouvert avec Yellow Moumoute – a récemment jugé que l’actuel président présente désormais « un trop grand risque pour qu’on le laisse continuer à être commandant en chef ». Il ajoute une grosse louche: « Cette personne est manifestement dérangée. Je pense que le 25ème amendement a été rédigé en pensant à Donald Trump! »
Sans surprise, nombre d’élus démocrates réclament également cette « destitution médicale »
En quoi consiste-t-il ce désormais fameux 25ème amendement? En l’occurrence, il s’agit de sa section 4 permettant de démettre un président qui ne serait plus en état physique ou mental d’assurer sa charge.
Semé d’embûches, le chemin pour y parvenir se révèle des plus malaisés. En voici les principales étapes:
1– Le vice-président et la majorité des ministres notifient par écrit au Congrès (soit le Sénat et la Chambre des Représentants) l’incapacité du président.
2- Le vice-président devient président par interim.
3- En cas de contestation par le président visé, la destitution doit être prononcée par les deux tiers du Congrès.
L’écueil surgit d’emblée: les chances de voir le vice-président Vance signer une telle lettre sont quasi-nulles sauf situation très exceptionnelle (mais avec Trump tout reste possible, surtout le pire). Et l’on voit mal les ministres qui doivent tout à Trump réclamer sa destitution.
« Anxiété immense »
Adversaire résolu de l’actuel président, Jamie Raskin – représentant démocrate du Maryland et professeur de droit constitutionnel – estime que le temps n’est pas encore venu de déclencher l’offensive, comme il l’a expliqué lors d’une interview parue dans Time le 10 avril dernier :
Il existe une anxiété immense dans le pays face à la conduite et au comportement dérangés du président. Dire que nous devrions simplement aller de l’avant et le destituer revient à nier la réalité politique. Aucun républicain n’a appelé à la destitution ou n’a manifesté d’intérêt pour cette démarche à ce stade.
L’élu démocrate préfère que son parti évite de disperser son énergie au moment où commence la campagne des élections de mi-mandat (novembre prochain).
Toutefois, Jamie Raskin a rédigé un projet de loi qui, sur la route de la destitution, pourrait contourner l’obstacle incarné par le vice-président et la majorité des ministres. Son but: créer au sein du Congrès une commission indépendante pour évaluer la capacité du président à exercer sa fonction.
Mais pour que ce projet devienne une loi, il faut obtenir une majorité au Congrès. Dès lors, tout nous ramène vers ce mois de novembre périlleux pour Trump et…les Etats-Unis. La totalité des 435 sièges de la Chambre des Représentants et le tiers de ceux du Sénat seront remis en jeu lors de ces élections de mi-mandat.
Son système de prédation persistera-t-il?
Cela dit, même si Dingo Donald est destitué, son système de prédation restera encore à démanteler, car la caste technocapitaliste à la Musk and Co va tout entreprendre pour continuer à se goinfrer.
Certaines voix s’offusquent d’ailleurs de cette propension à psychiatriser la présidence, à l’instar de cet article paru dans The Conversation (remarquable média indépendant australien):
Qualifier Donald Trump de « fou », comme c’est régulièrement le cas ces derniers temps, tend à détourner l’attention de la cohérence de la politique conduite par l’intéressé depuis son retour à la Maison-Blanche et du fait qu’il constitue moins une anomalie individuelle qu’un produit typique d’un système économique, médiatique et culturel qui valorise la domination, la spectacularisation et la marchandisation du monde.
Folie artiste et folie politique
Cela dit, il faut nuancer le propos. Cet article est paru le 10 février dernier. Depuis, la guerre en Iran est survenue et les délires trumpiens sont encore montés en intensité.
Que le président de la première puissance mondiale – maître du feu nucléaire – s’amuse en pleine guerre à fabriquer une image de lui en Jésus-Christ et à la diffuser sur son site officiel relève tout de même du trouble mental grave. Certes, Trump « est un produit typique d’un système ». Mais quel que soit le système économique et politique, ce trouble mental peut nous mener à la catastrophe.
Les structures font les humains mais les humains font aussi les structures. Entre les deux le rapport est dialectique et non pas mécanique. Les humains… avec tout ce qu’ils comportent de déraison, d’erreur de jugement, d’errement, de délire.
Nous ne sommes pas réduits au seul rôle de robot obéissant aux injonctions du système politico-économique. Nous disposons d’une marge d’autonomie qui permet à la folie de s’exprimer. Pour le meilleur, telles la folie des créateurs et celle des inspirations qui mènent aux découvertes scientifiques. Pour le pire, tels les délires égotiques de ceux qui sont suffisamment fous pour prétendre diriger d’autres humains. De plus, la folie a aussi ses logiques: rien n’est plus rationnel que le fonctionnement des camps d’extermination.
Le dingue artiste ou scientifique rêve la réalité et la transforme. Le dingue politique déploie une force sans filtre, sans frein qui ne s’encombre d’aucune retenue, d’aucun scrupule. Telle est la raison du plus fou.
Jean-Noël Cuénod
Merci pour cette lecture systémique. Je comprends assez mal, ou assez bien, cette obsession actuelle des politologues d’exclure la psychologie des dirigeants de l’analyse géopolitique. Par exemple, les à-coups internationaux du président Emmanuel Macron sont beaucoup plus simples à comprendre et à prédire quand on intègre son caractère susceptible et caractériel 😉
A propos, ce pauvre Donald a été humilié une fois de plus par ce misérable King of England. Voyez cette photo ou le roi arbore un magnifique cordon bleu (la Jarretière ?) et notre sauveur de l’humanité n’exhibe qu’un blanc plastron.
C’est inadmissible.
Il faut y remédier.
Je propose de créer un ordre américain du « Gros Côlon », avec médailles et cordon brun; ça permettrait de remettre sur les photos le bienfaiteur universel à égalité avec ce prétentieux roitelet .