
Dessin de Théodore Steinlen (1859-1923), artiste franco-suisse et surtout, anarchiste ©Wikimedia Commons
1er Mai… C’était le jour-lieu où se croisaient les espoirs. Aujourd’hui, ce sont les nostalgies qui font cortège. Sentiment qu’exprime un vieux con, certes. Des jeunes ressentent sans doute aujourd’hui cette palpitation collective qui vibrait en mon premier 1er mai 1965. Pourtant quelque chose s’est brisé dans ce grand cœur. Serait-ce mon âge ou notre époque?
Nous ne chanterons plus l’Internationale, camarade
Nous ne la chanterons plus
Les damnés de la terre se sont couchés le long des algorithmes
Les forçats de la faim ont péri en mer dans un océan d’indifférence
La déraison tonne en son cratère
serait-ce l’irruption de la fin?
Du passé faisons table
resservie
Foule esclave
prends donc une chaise
Le monde a changé de base
pour le pire
Nous n’étions rien
nous voilà transparents
C’est la lutte finale
mais pour quel combat?
Groupons-nous
mais en quel lieu?
L’Internationale est devenue le genre prédateur.
Bella Ciao
Quand reviendras-tu?
Bella Ciao
Reviendras-tu?
Au petit matin d’un grand soir?
A la surprise d’une nuit
traversée d’éclairs?
Dans la fraîcheur
d’une robe à fleurs?
Ou alors, Bella Ciao
t’a-t-il glacée pour toujours
le blizzard de la Kolima?
Jean-Noël Cuénod